samedi 6 septembre 2008

MENU DU JOUR



Depuis cet été le néo-pétinisme s'en donne à cœur joie et la revanche de la droite extrême, type « rue Lauriston » se donne la peine de parfaire son image rassurante et dévastatrice de waffen SS du XXIèm siècle. Toujt ceci sans doute à fin de draguer les mémères du XVIe arrondissement, avec la main sur le cœur, tout en jurant qu'il faut s'occuper des plus modestes ( on dirait bien les pauvres mais vous savez madame le baronne cela ferait jaser dans les banlieues ).
Peu après la Commune, le clergé avait fait construire la basilique du sacré cœur sur l'emplacement même où la révolte du Peuple ( à Montmartre ) avait commencé. Pourquoi pas, dans le même esprit une stèle à la mémoire du Maréchal P...à Nanterre où la révolte de 68 est censée avoir commencé ? Le grand rêve inhumain du conservatisme actuel rivalise avec le philogermanisme des années 40 et, n'en doutons pas, il est parfaitement capable de nous réserver des surprises nouvelles.
Quant à l'opposition socialiste de l'époque, elle avait voté les pleins pouvoirs au maréchal,.... par trouille ou par goût pour les dictatures ? Les rares, et minoritaires au sein de leur propre organisation, à s'y être opposé sont allés rejoindre les combattants de l'ombre, respect leur soit accordé et gloire rendue. Ils étaient cependant minoritaires dans ce pays, et en Europe d'une façon générale, et ce n'est surtout pas le respect des formes démocratiques qui a libéré les peuples du joug de l'oppression.

Aujourd'hui les socialistes, dans leur grande majorité, continuent à servir la soupe à Sarko et semblent satisfaits des fonds d'assiette que le pouvoir veut bien leur concéder. Ils votent, et ont voté, pour et avec la droite extrême en de maintes occasions et en toute quiétude : référendum sur la constitution européenne, réforme des instituons etc....leur seule objection étant que la majorité parlementaire n'est pas assez habile pour faire tout cela et si on était au pouvoir, disent-ils ( de nos jours on dit aux affaires quelle ironie ! ) vous verriez combien plus efficacement et avec quelle cohérence nous ferions les mêmes choses !

La droite n'a, aujourd'hui aucune raison de triompher particulièrement, mais le véritable danger pour les citoyens c'est que la gauche dit et propose les mêmes choses que son concurrent puisque tout deux libéraux. La dernière cohérence droite-gauche est définitivement bien là.

jeudi 4 septembre 2008

HISTOIRE DE DIRE : BANALYSME

Le décervelage


« Prétendre parer à soi seul, aux inconvénients du vide est-il outrecuidant ? J’objecte que toute entreprise de ce genre a ses emblèmes et que je suis le moins seul des hommes »
Alain BADIOU. « Théorie sur le sujet »
ETAT D’URGENCE

En ces temps où l’on affirme la mort des idéologies, laissant ainsi la place aux savoirs spécialisés, ces savoirs ne sont eux mêmes que les composants, les éléments d’un ensemble idéologiques plus vaste : « l’idéologie de la mort des idéologies ». En somme rien n’a changé sous le ciel libéral, rien ou presque…L’intelligence a de plus en plus de difficulté à trouver sa voie…et sa voix. Le dernier carré : Godard, Badiou, Bourdieu, Deleuze…pas encore le dos au mur, mais l’urgence…certains sont morts : Breton, Aragon, Sartre, Foucauld, Lacan…l’urgence frappe à nos portes, nous pousse.
Qui sommes nous ? Certainement pas des intellectuels, ni des artistes. Vivant parmi un nombre sans cesse croissant de sociaux-agonisants, nous rêvons et survivons de ce rêve qui crie l’urgence.
Ce qui va suivre doit être lu non comme une thèse constituée, mais comme un ensemble de propositions, de thèmes sur lesquels nous sommes et seront amenés à méditer et à agir. La lecture peut en être faite dans le désordre, malgré la numérotation, chemins s’entrecroisant, se recoupant, errance organisatrice et régénératrice.
Dans le film « Nouvelle Vague », JL Godard interroge : « avez vous été piqué par une abeille morte ?…Oui mais il faut qu’elle soit morte très en colère ».
Le 7 juillet 1990.


« Le monde est atteint d’une maladie mentale : la banalité »
Guy DEBORD
I – GENRALITES
I 1
La mémoire est ce qui tire le sens du vécu afin d’élargir le champ de l’expérience. La mémoire tire du passé la capacité de construire le futur, de l’inventer. La mémoire est porteuse de dépassement.
I 2
La mémoire est peu à peu remplacée par le répétition ; répétition illimitée du déjà dit, du déjà vu ; répétition illimitée se constituant elle même en limitation et signant l’arrêt de mort du déjà dit et du déjà vu.
I 3
Qui n’a jamais joué à répéter un mot jusqu’à la limite où son sens disparaît, ne laissant qu’une sonorité postillonnante.
I 4
Qui n’a jamais entendu Alain DECAUX rabâcher les mêmes anecdotes, ne laissant de l’histoire des hommes qu’une sonorité postillonnante.
I 5
Le champ de la modernité en cette fin de siècle, s’est transformé en lieu de répétition moderniste. Le modernisme a liquidé la modernité, le champ de la modernité devenant champ de la médiocrité. La répétition tue.
I 6
Mémoire effacée : la répétition produit l’oubli de cet effacement même, l’oubli de l’oubli
I 7
Il reste un temps remâché, dupliqué jusqu’au vertige. Toute tentative de novation demeure vaine : sans mémoire pas de novation. Si par accident il devait y avoir nouveauté, le sens de celle-ci serait immédiatement oblitéré par la répétition infinie. Miroir se reflétant dans le miroir, se reflétant dans le reflet du miroir qui à son tour…
I 8
La répétition produit des objets dépourvus de sens, une réalité artificielle, sans épaisseur, sans existence certaine : la banalité.
I 9
La banalité est pur produit de la répétition amnésique. Notre époque est celle de la banalité généralisée : l’ultra-banalysme.
(suite en octobre)