Y-a-t-il des histoires édifiantes ?...En tout cas voici le résumé de l'une d'entre elle pour l'édifications des rêveurs.....
PROLEGOMENES A TOUTE UTOPIE FUTURE
QUI POURRA ÊTRE CONSIDERE COMME ART
(Ainsi l'acte créateur accompli sa propre destruction)
Ce fut le titre d'un texte qui a été imprimé et diffusé en 1990, sous les signatures de D Roure et B Chambriard, au titre du Bureau Ultra Banalyste, par un éditeur qui n’a jamais vu le jour : « Ed La Barrière et Triangle des Bermudes ».
L’ultra-banalisme a été fondé au début de l’année 90. Il se voulait une réponse au mouvement banaliste, lui même animé par un groupe de psy. Les Banalistes se sont constitués autour d’un travail collectif sur le non-événement, c’est à dire l’événement privé de sens, laissant en cela supposer qu’il existerait, à contrario des actes, des évènements, des produits artistiques, spontanément porteurs de sens. Les Ultra-Banalystes ont posé comme axiome que le « sens » n’est que le résultat d’un processus historique (s’appuyant en cela sur le marxisme), que ce processus d’évolution des sociétés est depuis longtemps déjà, en phase destructrice, et donc, que le « sens » est en situation de disparaître. Ainsi l’art n’est plus qu’une marchandise indifférenciée et les galeries, les épiceries du marché culturel. L’usure du sens de toute production humaine, s’accomplit par la répétition à l’infini d’un sens supposé premier et sa transformation en marchandise. Ainsi l’acte supposé créateur, accomplit lui même sa propre destruction.
Cette brochure a bien été l’acte fondateur de l’ultra-banalysme, si tant est que l’on puisse parler de « fondation » au sujet d’un groupe aussi restreint (trois personnes en 1991) et volontairement éphémère. Entre alcool et blagues désespérées, les potaches nihilistes avaient trouvé la vitesse de croisière pour mieux finir, volontairement, dans le mur !…Agitation de comptoir ? Cela reste reste à voir. Ce court texte a produit, et produit encore, de nos jours, quelques retombées non négligeables. D’aucuns, parmi sans doute les plus mauvais esprits de notre époque y trouvent encore matière à réflexion et à ricanement.
Les deux cents premiers exemplaires ont circulés de main en main dans les milieux estudiantins de l’époque, ont étés déposés en librairie et même traduits en espagnol et en anglais afin d’être diffusés dans ces deux pays. L’élite mal-pensante est aussi rare et dispersée que les amateurs de morue-chantilly.
L’édition d’origine a été publiée sous forme d’une brochure de 10 pages au format 10,5 par 14,8, avec une couverture cartonnée.
En février 1991 la carte postale transparente est diffusée à partir d’un restaurant toulonnais, à l’enseigne de « l’Abri Côtier ». Il s’agit d’un rodoïde transparent, image épurée du silence photographique, image d’un résidu de sens. Cette diffusion est assurée auprès de trois correspondants, sympathisants ulta-banalystes.
Une seconde brochure, intitulée « Glose marginale aux prolégomènes à toute utopie future qui pourra être considérée comme art » est diffusée en mars 1991, illustrée par des collages de Roure. Les gloses sont des commentaires rajoutés à un texte qui semble mériter quelque explication. Les gloses peuvent être soit inter-linéaires (entre les lignes) soit marginales (dans la marge)…
En octobre de cette même année, le premier (et unique) congrès mondial d’ultra-banalyse est organisé (dans un débit de boisson connu des populations branchées de la région clermontoise).
Parmi les décisions notons le passage définitif, pour désigner le mouvement, de l’orthographe utra-banalise à ultra-banlyse. Il s’agit en fait du mot valise banal + analyse. A cette occasion est également inventé le jeu de billes cubiques. Il y avait une cinquantaine de participants à ce congrès, dont la moitié été composée « d’Empaillistes », mouvement concurrent, dirigé par une certaine "Baronne de Caracasse".
Enfin, toujours à l’occasion de ce congrès, un troisième larron est intégré au groupe. Il s’agit du plasticien [ ] dont un texte sera également repris ultérieurement dans le présent blog.
En 1992 plus d’activité repérable, hormis un court texte, aujourd’hui disparu (Les interrogations de Dieu) pour une représentation de la troupe « Les Mouchachos de la Mort » : « Crèche Vivante ».
Au fond, tout ça pour annoncer la publication prochaine des deux manifestes ultra-banalystes...c'est peut-être en cela que cette histoire est édifiante.