mercredi 20 août 2008

COMMENT VA LA LIBERTE CE MATIN ?



Ce début de siècle est un hiver sarkosien qui risque de perdurer, c’est sans doute le monde qui, au delà du printemps de jadis, après l’automne des années quatre vingt-dix neuf et du début 2000, entre dans une nuit prolongée.
Non pas l'hiver des cartes de vœux de nos enfances, non pas celui d’une hibernation douce, mais celui d’une sauvagerie blanche et cassante, celui des couteaux invisibles mais toujours prêts pour des égorgements silencieux et prévisibles.
Un Ben Laden en cache forcément un autre, ce n’est pas une guerre conventionnelle qui règlera la question. La révolte de la misère planétaire n’est pas forcément porteuse de justice sociale. Depuis trop longtemps déjà les laissés pour comptes ruminent la vengeance qui rassasiera leur soif d’autre chose…mais quoi ?…Dans ce domaine l’imprécision rend d’autant plus redoutable la précision chirurgicale des coups qui nous seront portés.
Au fond, de quoi l’occident peut-il se réclamer ? De la pensée grecque, du siècle des lumières ? Cela n’a pas empêché le nazisme, le colonialisme et les génocides toutes gammes. La maladie fondatrice de tout cela est bien le capitalisme mais la réponse léniniste est l’échec le plus radical de la pensée révolutionnaire puisque le capital a déprolétarisé la société urbaine et transformé le sous-prolétariat en hordes grondantes de clochards extatiques qui ne rêvent plus que d’une chose : nous foutre sur la gueule !
Regardez autour de vous, ils sont là…et pas seulement les porteurs de bible ou de coran, mais aussi cranes rasés, épingles dans le nez, mais aussi enfants perdus d’employés de bureau crucifiés devant la télévision amateurs de lofts et de techno, branchés directement sur la grande machine à décerveler, illettrés banals, mais aussi, ceux de nos gamins à qui nous n’avons pas su dire:" tiens toi debout regarde devant toi et avance".
Les clochards célestes d’un Jack Kérouac ont fini leurs jours dans les hôpitaux psychiatriques et ne restent plus que les clodos de l’esprit condamnés à trouver les miettes de leur provende dans les poubelles d’un super-market dérisoire .
Le libéralisme économique, dans ses effets sur notre quotidien, n’a fait que libérer l’énorme et assommante platitude du discours neo-moderne. On pourra se demander, encore quelque temps, comment va la liberté ? Et on finira par oublier cette question elle même....


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