
Pourquoi un individu, pris au hasard dans la cohorte des anonymes que vomissent, tous les jours, les bouches de métro et les trains de banlieue…pourquoi cette insignifiance bipède que je suis, à la soixantaine bien tassée, après avoir circulé dans les milieux d'extrême gauche une partie de son adolescence, dans les milieux staliniens plus tard,… a-t-elle adhéré au Parti Socialiste ? La sagesse serait-elle réellement une lanterne que nous porterions accrochée dans le dos, et qui nous permettrait d'ironiser sur notre passé, mais, sans pour autant prendre la mesure vraie de ce qui nous reste à parcourir de notre vie, nous laissant ainsi réitérer les mêmes erreurs tout au long de nos jours ?
Bien sûr il ait des choix qui ne sont jamais tout à fait innocents, et, puisqu'il faudra bien en passer par là : de l'engagement en politique, quelle est la question posée et comment se formule-t-elle ? D'autres s'y sont collés avec le génie et le talent nécessaire et qui ont permis de fixer durablement des repères, permettant de pouvoir reprendre après eux, cette démarche, parfois houleuse, mais toujours porteuse de nos espoirs et de nos rêves, c'est à dire de notre vie même. J'affirme qu'il n'est pas indifférent de voter oui ou non à un projet de constitution européenne, par exemple, j'affirme que le malheur existe et que c'est bien de cela dont il s'agit au fond des cuisines électorales de Monsieur H., quand celui-ci nous explique avec un air onctueux que notre seule perspective d'avenir est bien ce projet et que toute autre hypothèse est à bannir d'office comme étant contraire à la logique du monde contemporain.
Je ne suis pas logique, je préfère le réalisme car lui seul donne à rêver, et seule la raison a permis de bâtir les grandes utopies. Quant à la contemporaineïté c'est comme la simultanéité, elle ne fait qu'artifice dans ce genre de raisonnement, elle ne justifie rien et ne justifiera jamais rien.
J'en reviens au problème du choix européen, qui semble assez subalterne somme toute, ou dépassé, mais il s'agit bien du malheur immédiat qui va nous advenir si nous ne savons pas écarter le choix de société fait, à notre place, par nos pires ennemis, je veux dire le monde ultra libéral. Il ne s'agit pas du choix de tel ou tel, de Monsieur H ou Madame R, de telle ou telle association ultra minoritaire qui prétend représenter le peuple. C'est celui d'une grande abstraction bancaire celui d’un bilan comptable à l’échelle planétaire, dont nous ne connaissons pas réellement les organisateurs (ou peut être les connaissons nous trop bien), c'est celui d'une grande abstraction financière qui va s'emparer de nos vie, abstraction qui voudrait que nous la confondions avec une indépassable réalité, voire même avec un progrès social et humain dont nous ne saurions prendre la mesure vraie, dont nous ne saurions douter sans nous en rendre indigne.
Quelles conséquences à tout cela, dans l'immédiat et pour des raisons pratiques qui ne peuvent être, pour aujourd'hui, traitées au fond, survolons simplement le paysage du désastre sociétal. La république est morte, fourguée à bas prix aux banques; les droits sociaux décapités, fourgués à bas prix aux laboratoires pharmaceutiques et aux églises qui recommencent à fleurir un peu partout; la culture humiliée par les média et les arts vendus en boites dans les conserveries muséales. L'espoir que tout homme était jusqu'à présent susceptible de porter en lui est en fin de compte ravalé au rang des slogans publicitaires. La mort comme soulagement refusée aux plus souffrants dans un frou-frou de soutanes. L'intelligence qui portait le front haut, baisse à présent la tête et s'analphabétise. C'est la revanche de l'épicier sur le poête, c'est le retour du
pétinisme moral et intellectuel....mort aux vaches et à la mondialisation !

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